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Soutenance de thèse d’Emilie Etienne : « Des villages sous tensions : maintenir des mini-réseaux solaires au Sénégal et au Kenya »

Soutenance de thèse d’Emilie Etienne, doctorante en sociologie aux laboratoires Pacte et Gael, intitulée :

« Des villages sous tensions : maintenir des mini-réseaux solaires au Sénégal et au Kenya. Promesses et accountability autour des petites infrastructures de développement »

 

Elle aura lieu le vendredi 14 novembre à 9h sur le campus de l’université de Grenoble-Alpes. Elle sera aussi retransmise en visioconférence et se déroulera principalement en français. Pour faciliter la logistique, voici un lien d’inscription si vous souhaitez y assister.

 

Le jury sera composé de :

·       Pascale Trompette, Directrice de Recherche, CNRS – Délégation Alpes. Directrice de thèse

·       Sandrine Mathy, Directrice de Recherche, CNRS – Délégation Alpes. Co-directrice de thèse

·       Alexandre Mallard, Directeur de Recherche, CNRS – Délégation Paris Centre – Mines Paris PSL. Rapporteur

·       Lucy Baker, Senior Lecturer in Environmental Geography, Open University. Rapporteure

·       Sylvy Jaglin, Professeure, Université Gustave Eiffel. Examinatrice

·       Philippe Lavigne Delville, Directeur de Recherche, Institut de Recherche pour le Développement (IRD) – Délégation Occitanie – UMR SENS. Examinateur

·       Amadou Hamath Dia, Associate Professor, Université Assane Seck de Ziguinchor. Examinateur

 

Résumé de la thèse :

La thèse s’intéresse à la maintenance des petites infrastructures de développement dans un contexte d’implication croissante des acteurs privés depuis les années 1980. Le cas d’étude est celui de mini-réseaux solaires pour électrifier des ménages ruraux au Kenya et au Sénégal. Empiriquement, la thèse repose sur des entretiens, des observations et l’analyse de corpus de politiques publiques. Elle mobilise des approches issues de la sociologie de l’action organisée, de la sociologie des agencements sociotechniques et de la socio-anthropologie du développement.

Les mini-réseaux sont porteurs d’un idéal d’autarcie, visant à assurer leur longévité. Une mise en perspective historique du projet d’électrification rurale autour des mini-réseaux montre que celui-ci active trois règles en tension : ne laisser personne à l’écart de l’électrification, mettre en place des tarifs reflétant les coûts opérationnels, et fournir un service électrique (acceptablement) dégradé par rapport au réseau.

Pour créer un marché, les bailleurs de fonds et les opérateurs mettent en place des « anticipations fictionnelles » (Beckert J., 2016), qui façonnent des promesses de rentabilité des mini-réseaux. Elles se traduisent par des dispositifs de calculs, narratifs et relationnels pour formater des usag∙ères idéales∙aux, conformes aux contraintes de l’infrastructure. Malgré ces dispositifs, les mini-réseaux peinent à fonctionner en autarcie sur les plans techniques et financiers, conduisant à un renouvellement des règles. J’analyse ainsi les tensions et les interactions entre les acteurs en présence, c’est-à-dire les bailleurs de fonds occidentaux, les institutions étatiques, les opérateurs et les (non)usag∙ères africain∙es, sous le prisme des chaînes de promesses et d’accountability, au sens de rendre compte et rendre des comptes.

En articulant des niveaux d’analyse locaux et (inter)nationaux, la thèse fait les deux propositions suivantes : d’une part, l’idéal d’autarcie aboutit paradoxalement à une dépendance forte entre les acteurs, qui s’explique par la fragilité du système sociotechnique ; d’autre part, les contraintes sont reportées en priorité sur les acteurs les plus fragiles, à savoir les usag∙ères et les opérateurs. Je conclus par une définition enrichie de la maintenance : elle repose sur un collectif lié par des chaînes de promesses et d’accountability, qui est engagé dans un processus continu de maintien et de renouvellement des règles. En tant que tel, la maintenance des infrastructures de développement questionne les temporalités propres au monde de l’aide, structuré par des « projets » délimités dans le temps.


OpenEdition vous propose de citer ce billet de la manière suivante :
xaviermonnier (4 novembre 2025). Soutenance de thèse d’Emilie Etienne : « Des villages sous tensions : maintenir des mini-réseaux solaires au Sénégal et au Kenya ». Sociologie économique. Consulté le 10 octobre 2026 à l’adresse https://doi.org/10.58079/1537z


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